SITE-PILOTE: GLACIER DE L’ARGENTIERE (HAUTE SAVOIE)

Résultats du project » SITE-PILOTE: GLACIER DE L’ARGENTIERE (HAUTE SAVOIE)

  • Champs de déplacements 3D à la surface des glaciers de la vallée de Chamonix obtenus à partir des images TerraSAR-X (descendantes : 14-25/08/2012, ascendantes : 16-27/08/2012
    Champs de déplacements 3D à la surface des glaciers de la vallée de Chamonix obtenus à partir des images TerraSAR-X (descendantes : 14-25/08/2012, ascendantes : 16-27/08/2012

L’observation, la compréhension et la prédiction de l’évolution des glaciers à l’échelle d’un massif nécessitent d’exploiter différentes sources d’informations. Ainsi, parallèlement à l’acquisition et l’analyse de données in situ, très précises mais très localisées et peu fréquentes pour des raisons de coût matériel et humain, ce projet a comporté un volet dédié à l’exploitation de données de télédétection fournies régulièrement par des systèmes satellitaires radar. L’ensemble des informations que l’on a été capable d’extraire des données satellitaires, par des traitements évolués d’analyse d’images, a été mis en forme afin d’être exploitable par les spécialistes de la surveillance de l’environnement. L’objectif de cette action était d’intégrer l’ensemble des informations disponibles (connaissances des experts et issues des images radars) afin de construire des cartes de déplacements des glaciers.

Pour valider par des mesures au sol les traitements et les mesures obtenus à partir des images radar des nouveaux satellites, on a choisi le site expérimental du glacier d’Argentière dans la vallée de Chamonix. Le glacier est actuellement équipé d’un « coin réflecteur » et de trois GPS permanents qui permettent d’en mesurer en continu le déplacement. La maintenance de cette expérimentation avait été financée dans le cadre du projet ANR EFIDIR (Extraction et Fusion d’Informations pour la mesure de Déplacement par Imagerie Radar). GlaRiskAlp a permis de  prolonger les mesures pour deux années supplémentaires et compléter ainsi une série de données uniques.

Le projet a permis d’étudier la précision des mesures de déplacements des glaciers par imagerie satellitaire sur le site expérimental et la généralisation à l’espace du massif du Mont-Blanc. Les activités réalisées ont porté à la définition des recommandations pour la détection et le suivi des glaciers à « risques » à partir des images satellitaires ; on est également arrivés à la
définition des programmations des nouveaux satellites (orbite, angle de visée, répétitivité, etc.) nécessaires pour le suivi et la surveillance des glaciers. Pour tester les algorithmes développés
sur le site de l’Argentière on a ensuite réalisé des actions spécifiques sur les glaciers suspendus des Grandes Jorasses et de Taconnaz.

Les résultats du projet ont permis de suivre la dynamique des glaciers à partir des images satellitaires radar à haute résolution spatiale, surveillant les glaciers l’été et l’hiver, de jour comme de nuit. L’activité a permis de produire des cartes multi-temporelles de l’évolution de la dynamique des glaciers, de déduire les vitesses moyennes 2D ou 3D mesurées à 11 jours, de valider
les mesures satellitaires avec les mesures GPS in situ et d’obtenir une relation entre l’accélération de la vitesse en surface d’un glacier froid à risque et la chute des séracs dans sa partie  avale.

On peut en conclure qu’il est possible de suivre la dynamique des glaciers à risque grâce à l’imagerie satellitaire et d’avoir une première évaluation d’un indicateur potentiel de la prévision des chutes de séracs. Plus généralement il est possible d’obtenir des champs de vitesse bi-dimensionnelle ou tri-dimensionnelle de la surface de l’ensemble des glaciers de la vallée, ceci pouvant servir à la modélisation et à l’amélioration de la connaissance de leurs dynamiques, et au suivi et à la surveillance des évolutions des vitesses de surface.